2025 - Norvège Sud
Périple multimodal
Bilan
Ce périple multimodal a été un concentré de la manière d’approcher une zone géographique originale par son paysage fortement marqué par les épisodes glaciaires, par la pluralité de fjords. Je n’ai pas rencontré un seul bipède qui faisait du vélo-sacoche. Trois raisons possibles : la cherté de la vie en Norvège, la difficulté de quelques portions pentues, la météo très capricieuse. Pourtant, la boucle que j’avais imaginée et maintenant réalisée comme prévu est intéressante. La grande question dans la conception était de marier un itinéraire qui tienne compte des tunnels interdits aux vélos avec la traversée de paysages originaux.

Points positifs :
- le calme et la discipline des norvégiens dans les relations interpersonnelles, en voiture (malgré les bouchons)
- le rocher tabulaire du Preikestolen, spectaculaire, à juste titre réputé, avec un accès à pied exigeant
- le très bel itinéraire vélo de Nesvik à Sand à Sauda à Roldal à Odda à Kvanndal à Voss, fait en quasi totalité sous la pluie …
- la qualité du transport ferroviaire (exactitude, personnel technique, propreté des wagons, emplacements vélos …)
- la descente vélo de la piste de Myrdal à Flam, très raide et caillouteuse durant les premiers kilomètres. Flam, perdu au fin fond des fjords, qui fait partie de ces sites touristiques renommés et donc qui a un problème sérieux de gestion et d’aménagement de site avec l’arrivée de paquebots transportant des milliers de touristes
- la traversée en bateau du Sognefjord sous un temps exécrable mais avec des arcs-en-ciel d’une luminosité exceptionnelle
- l’expérience d’un ferry fonctionnant à l’hydrogène (silence, souplesse, puissance, vitesse …) et d’un navire rapide avançant avec des waterjets
Points négatifs :
- la très grande cherté de la nourriture et des hébergements
- la qualité médiocre de certains hôtels pourtant bien présentés sur leur site avec prix en conséquence (notamment Sauda fjordhotell, les “hôtels barriques” de Preikestolen et de Sleeping barrell lodge)
- Le dédale routier de Bergen engorgé de véhicules avec des liaisons vélos extrêmement compliqués, et l’absence d’actualisation des cartes d’itinéraires de Maps.me et de Google.maps notamment d’un long tunnel de 600 m à Bergen qui fausse toutes les réponses d'itinéraires
L’itinéraire fait en vélo jusqu’à Flam a nécessité d’utiliser cinq ferries et une vingtaine de tunnels non interdits aux vélos mais pas toujours éclairés. Je n’ai pas eu de difficulté dans les tunnels m’étant équipé de lumières avant et arrière puissantes. Après Flam, la partie en mode vélo était terminée, remplacée par le bateau d’abord jusqu’à Bergen puis par le bus jusqu’à Stavanger (de nombreux tunnels étaient interdits aux vélos). Les distances journalières parcourues étaient courtes par rapport à mes voyages passés mais établies pour tenir compte de l’incertitude des dénivellations positives (les applications Maps.me et de Google.maps révélant beaucoup d’inexactitudes). Par ailleurs, il faut signaler, en particulier pour Bergen, l’absence de mise à jour des cartographies Maps.me et de Google.maps avec des tunnels nouveaux et d'autres modifications spatiales. La partie la plus rude fut la montée de Roldal à Odda avec durant les 7 premiers kilomètres une pente en continu sans replat à 9-10% sous une pluie battante. J’ai pu la faire en réduisant l’intensité des efforts, ce qui fut pour moi la clef de pouvoir réussir l’équivalent d’un double col de Marie-Blanque.
Chroniques quotidiennes
Après un vain appel à candidatures pour la traversée en vélo de Lhassa à Katmandou, changement complet pour un projet où je vais activer quasiment tous les modes de transport avec le vélo bien sûr comme colonne centrale de mon épopée.
La Norvège est un très bon souvenir pour moi (Tromsö-Cap Nord en 2015 https://ddvagabondages.fr/index.php/dede-velo/voyages/europe/norvege-2015-1) avec des conditions de sécurité pour faire du vélo, exemplaires et jamais vues dans les pays que j’ai parcourus. Cette fois, c’est le Sud sur lequel j’ai flashé avec le Sognefjord - le fjord le plus long et le plus profond de Norvège, les belles cités de Bergen et de Stavanger, les spectaculaires paysages comme la montée pédestre au Prekeistolen, les ferries pour sept traversées, les multiples tunnels qui conditionnent le tracé pour les vélos car interdits pour certains, pour le train lorsque la route devient interdite aux vélos comme de Voss à Myrdal, le bus de Bergen à Stavanger qui serpente avec 96 arrêts, et bien sûr l’avion oiseau mécanique, aujourd’hui tant décrié de façon logique mais trop caricaturale mais qui reste nécessaire sauf à considérer que l’on ne se déplace plus loin de chez soi.
Mercredi 20 août 2025 - C’est parti …
L’aéroport de Toulouse est pratique pour embarquer : pas mal de destinations et de compagnies, accès relativement aisé, assurance d’avoir une voiture-taxi avec Laure et Thomas qui résident et travaillent dans la métropole occitane. Ce matin c’est Pierre qui m’a conduit après avoir été hébergé la veille chez Laure, Pierre et leurs enfants Baptiste et Ninon. Circulation assez fluide, arrêt minute, aérogare déjà parcourue en tous sens par des voyageurs qui cherchent ou attendent l’ouverture des comptoirs d’enregistrement. Pas de panique, le vélo est largement en avance. On monte au premier étage avec l’ascenseur pour le seul Mulet et son patron. Cool ! Le comptoir KLM ouvre apparemment plus tôt que prévu si l’on en croit les préposées à l’enregistrement. Le vélo est confirmé avec paiement de 55 euros pour le trajet aller Toulouse-Amsterdam-Stavanger. Le passage du carton sur le tapis roulant des bagages hors format inquiète l’employée qui veut soulever le Mulet. Elle glisse, je rattrape le tout et enfile sagement le Mulet dans la grande bouche noire qui avale le tout. Pas d’anomalie. Tout est dans l’ordre.
Une demi-heure de retard au décollage de Toulouse, inexpliquée. Comme quoi vaut mieux compter large entre les correspondances quand on a un vélo. Vol vers Amsterdam un peu tumultueux. Ca secoue un peu, ça berce … Amsterdam, un aéroport qui s’étale à l’infini. De gros panneaux rassurent le voyageur. Les longs couloirs où sont placées les “portes” d’embarquement sont constellés de monde qui vont et viennent dans tous les sens. L’avion pour Stavanger est dans deux heures, le temps nécessaire pour le Mulet de s'échapper de sa première cachette Embraer. Une queue noire traverse les vitrages de la branche B aux mille portes remplies de passagers en attente. C’est un avion qui passe : étonnante vision.
Le vol jusqu’à Stavanger est un peu secoué. Pas mal de nuages blancs aux belles formes. Atterrissage un peu gauche droite mais tout va bien. Le beau temps … frais presque froid est là ! Incroyable : ni douane, ni police de l’air et des frontières, à croire qu’on entre en Norvège sans montrer aucun passeport ni papier d’identité. Les bagages arrivent oui … mais lorsque tout est arrêté les sacs et valises ont été récupérés alors … où est le vélo ? Au tapis des bagages au format spécial seule une grande poussette est sortie puis rideau. Je trouve une personne qui semble de la maison et … du bruit une double porte s’ouvre et je vois mon Mulet encore une fois tout meurtri avec un gros trou au milieu du carton. Mais qu’est ce qui rend les bagagistes aussi muffles ! J’avais réservé un taxi mais je suis en avance d’une bonne heure. Je téléphone avec mon anglais magique et finis par me faire comprendre. Le van taxi arrive vingt minutes après. Le chauffeur sympa veut venir faire un tour en France. Finalement je le réserve pour mon retour à l’aéroport. Echange de téléphones, Note taxi un peu salée (860 NOK soit 75 euros). Faut s’y faire, on est en Norvège !

Aéroport de Toulouse - un petit coucou du Beluga !

Le chargement du carton-vélo



Jeudi 21 août 2025 - Stavanger, ville calme, paisible pour fignoler les préparatifs
Une bonne nuit dans un bon lit, le pied ! (de lit) !
Premier impératif, un petit-déjeuner copieux - un vrai repas quoi. Après, épisode du remontage du vélo. Et là surprise de taille : la pompe plastique a rendu l’âme alors qu’elle fonctionnait juste avant de partir. Heureusement que le souci se produit à Stavanger. Et me voilà parti à la recherche d’une pompe. C’est de bonne heure, les magasins sont encore fermés. Je finis par trouver un magasin de vélos qui a ce qu’il me faut mais petit modèle donc avec une dépense d’énergie considérable pour gonfler peu. J’arrive à deux bars et file en pédalant dans une station service. Echec, pas de gonfleur. Deuxième station : gagné je réussis à mettre 3 bars. Ce sera normalement suffisant avec le chargement. Manque encore une cartouche de gaz. Quelques magasins de bricolage plus loin, je finis par trouver une cartouche qualifiée d’universelle avec un système à vis : 300 ml en format allongé. Ca devrait aller. Provisions pour les jours suivants : bananes, coca cola, barres de céréales, amandes, raisins secs,
Guigne ! un bruit de ferraille qui gratte au frein avant. J’arrête immédiatement. Rien de spécial en apparence. Mais, une plaquette de frein qui n’est pas bien en place ! Solution : démonter et remonter en veillant à ce que l’entretoise qui enfile étrier et plaquette sur le support réglé très juste et qui normalement ne peut pas se dissocier.
Après ces quelques péripéties, petit tour sur les quais et à la cathédrale de Stavanger de confession luthérienne mais catholique à l’origine jusqu’à la Réforme. Visites limitées seulement de 12h à 15h. On fait la queue. Deux surprises : le paiement obligatoire pour entrer, et une quarantaine de personnes cassaient la croûte avec viennoiserie et café à l’intérieur. On est là dans le vieux centre de Stavanger avec des rues étroites, beaucoup de maisons en bois aux couleurs vives et, dans l’alignement des rues que l’on remonte à pied, des énormes bâteaux dont les étages peuvent dépasser les toits des immeubles. Curieuse vision.
Aujourd’hui temps très agréable avec soleil mais pas mal de vent quand même qui refroidit avec doudounes un peu généralisées.
Je suis allé sur le port pour repérer l’amarrage du ferry qui doit me faire traverser vers Tau. Pas de panneau précisant les itinéraires. Deux capitaines de navire étaient là qui m’ont confirmé et l’existence et le lieu où doit être amarré demain le ferry avec départ pour Tau à 7h15.
Journée tranquille mais nécessaire pour les dernières mises au point : remontage vélo, frein, cartouche gaz, nourriture, lieu de départ de demain.

Stavanger, sur le port


La cathédrale de Stavanger


La cathédrale de Stavanger



Les sculptures de la chaire






Le pain est très correct

Les ruelles pavées du centre de Stavanger



Maisons polychromes de Stavanger



Un barbier

Les nouveaux paquebots ... à l'angle de la rue !






Les quais de Stavanger très attractifs pour les touristes








Des verres Duralex, marque française ...

Je n'ai jamais vu autant de porsches ...

La baie de Stavanger. On passe sous le pont pour aller à Tau

Vendredi 22 août 2025 - Preikestolen, monument rocheux au bout d’une chaussée des géants
5h ! Ca sonne … Il ne faut pas louper le petit-déjeuner, exceptionnel. Bien se remplir l’estomac car vélo plus marche. D’abord un petit bateau rapide pour traverser de Stavanger à Tau. 7h15 départ respecté. 20 minutes suffiront. Je suis le seul passager à descendre à Tau. Quelques centaines de mètres et un bruit bizarre à la roue avant quand je freine. La plaquette de frein veut se faire la belle. Sans doute l’ai-je mal fixée. Je démonte, sors les sacoches, vélo à l’envers, et remonte les plaquettes. La route est parfaitement bitumée. Je vais essayer de monter au Preikestolen le célèbre monument naturel connu de tous les norvégiens. Un pédalage royal sur une belle piste cyclable adossée à la chaussée pour les voitures. Je longe le Lysefjord. Peu après Jorpeland, une montée sérieuse commence avec des 10-12% pour atteindre l’énorme base de départ pour atteindre le rocher tabulaire du Preikestolen nom qui signifie “chaire du prêtre” dominant de plus de 600 mètres le Lysfjord. C’est une balade rude à faire à pied, un cheminement sur d’énormes blocs qui font penser à une chaussée des géants car les marches sont très hautes d’un bloc à l’autre. 450 mètres de dénivellation positive en grimpant de bloc en bloc, un cheminement parfaitement tracé et sécurisé. Un monde fou là haut … Mais c’est très beau.
Je “campe” dans un demi tonneau métallique avec un système de réservation très moderne donc très compliqué : pour ouvrir la porte du demi-tonneau il faut télécharger une application spécifique composer le code de réservation puis approcher à coller le smartphone sur un boitier fixé à la porte et ça finit par ouvrir. Aménagement très sommaire juste un matelas mousse mais la lumière fonctionne ainsi qu’un petit chauffage électrique. Bref une niche à chien éclairée et chauffée ! (On ne peut pas mettre sa tente).
Première journée ferry, vélo, marche … Bon échauffement.
Stavanger - Tau : bateau 20 minutes
Tau - Camp de Preikestolen : vélo 21 km +420 m -175 m
Camp de Preikestolen - Rocher de Preikestolen : +450 m -450 m

Port de Stavanger - Départ pour Tau




Des pistes cyclables sécurisent un peu

Début de la montée au Preikestolen





Vue sur le Lysefjord

Les cadenas de l'amour


La "Chaire" du Preikestolen







Le Lysefjord

De nombreuses tourbières

Les demi-barriques du Camping Preikestolen pour coucher


Le Camping Preikestolen

Samedi 23 août 2025 - Soleil en Norvège ça existe !
Dormir dans un tonneau métallique où l’on ne peut pas se tenir debout et où le mulet doit rester dehors … Nul ! Seul avantage le chauffage (nuit glagla) et la possibilité de recharger ses appareils électroniques. Et surtout ne pas oublier son smartphone lorsqu’on doit se lever la nuit sinon la porte du tonneau restera fermée … Vaut mieux garder les yeux ouverts … Réveil tranquille. Hier soir j’ai discuté avec un couple français - chacun avait sa moto. Ils sont venus de l’Ardèche en passant par l’Allemagne et comptent aller jusqu’au Cap Nord. Eux aussi ont eu un tonneau !
Pour sortir du tonneau et remonter jusqu’au refuge du Preikestolen pour prendre un petit-déjeuner, un chemin en cailloux impossible à remonter chargé tant la pente est raide. J’avais envisagé de remonter ces quelques 300 mètres en faisant trois aller-retour en séquences 2 sacoches avant, 2 sacoches arrière, le vélo. Mais les ardéchois ont trouvé en contrebas du camping des tonneaux, une piste qui contournait et permettait de feinter l’affreuse pente. Comme quoi en discutant on apprend toujours !
Copieux petit-déjeuner au restaurant du Base Camp Preikestolen où hier soir j’ai pu déguster du saumon en papillote avec une crème maison assez remarquable. Le soir normalement c’est mon seul vrai repas lorsque je trouve un restaurant, quand je pédale.
Le départ matinal oblige à remonter près d’un kilomètre à 12-13% continu mais bitumé. J’ai pu éviter de poser le pied à terre. Après, c’est pas mal de descente pour rejoindre la route 13 qui, avec la chaussée dédiée aux deux roues non motorisés - et aux piétons, conduit à Tau en longeant le Botnefjorden. Quelques emplètes (yaourt vanille d’un demi littre pour le petit-déjeuner du lendemain, pain, bananes) car le dimanche les commerces sont fermés. Après Tau, bifurcation vers Tysdal avec encore une très belle et agréable chaussée pour vélo épousant le tracé de la route. Alors, on longe à nouveau les fjords Bjorheimsvatnet puis Tysdalsvasnet enchassés dans une vallée aux immenses parois rocheuses. Quelques brebis paissent tranquillement. Tout le long, le paysage est entretenu pointé avec de belles demeures souvent peintes en blanc entourées de pelouses où l’on a l’impression que pas un brin d’herbe n’est plus haut que l’autre … La raison : de multiples tondeuses-robot circulent sans bruit pour des parterres trop nets. Mais, la saison des foins est passée par là. On voit pas mal de prairies où l’herbe repousse généreusement. Ah, un tunnel de 4,5 km interdit aux cyclistes. J’avais prévu : il suffit d’emprunter l’ancienne route qui est exclusivement réservée aux vélos, deux barrières cadenassées interdisant les autres véhicules. Très bel itinéraire qui longe le fjord ! Le camping Tysdal est annoncé. La réservation d’un petit hytte a été enregistrée. Beaucoup de clients mais l’étendue du camping est très vaste. Accueil sans difficulté par le tenancier (qui était en train de nettoyer avec minutie les toilettes avec son épouse). J’ai ainsi ma petite maisonnette où je peux tenir debout - et non un demi tonneau où l’on ne rentre qu’à quatre pattes. De quoi faire chauffer mon repas déshydraté de ce soir.
Très belle journée tout ensoleillée. Que ça dure ! …
Camp Preikestolen - Tysdal Camping : 31 km +450 m -550 m











Le hytte de Tysdal camping


... pas terrible, pas de goût ...
Dimanche 24 août 2025 - Etape courte mais de charme
Le camping Tysdal est vraiment à recommander pour sa propreté, son accueil, la qualité de ses hyttes. Départ à la fraiche. Pas un chat sur la route toujours parfaitement bitumée sans un trou … On longe des falaises cyclopéennes durant une dizaine de kilomètres avec au pied des exploitations agricoles principalement axées sur les brebis qui sont dans les prés et lèvent la tête à mon passage. Elles n’ont pas de cornes celles-là.
La route monte un peu tranquillement (pente 6% à 12% mais le plus souvent 7%-8%) et change de direction pour s’orienter Sud-Ouest. On entre au coeur du Ryfylke serpentant dans de superbes paysages avec toujours de l’eau à droite ou à gauche qu’encadrent de belles montagnes vertes. C’est encore la période de la fenaison. Ca ressemble à du foin ce qui est coupé mais ce serait plutôt très vert et pas très fourni comme le regain. Le foin enrubané parsème quelques prés. On passe devant d’immenses étendues d’eau, des bras de fjords et des lacs. Les noms de ces étendues : Ardalsfjorden, Tysdalsvaldnet, Hetlandvatnet, Moldfallet, Olesundet, Hjelmelandsfjorden. On finit par rejoindre les abords du grand Hjelmelandsfjorden, puis direction Ouest pour atteindre le port de Hjelmeland où des navettes de ferries permettent de franchir le Hjelmelandsfjorden. J’avais réservé un bon hôtel avec restaurant mitoyen. Le restaurant est … fermé pour cause de mariage ! L’hôtel est en réalité une suite de cinq tonneaux petits en bois mais on se tient debout. Calme plat jusqu’au moment où je vois une jeune femme tout en blanc (la mariée ?), pieds nus, courant sur le goudron … Vision bizarre et curieuse … Je demande le petit déjeuner pour 6 heures. Trop tôt. Du coup on me prépare un petit déjeuner froid assez complet. J’ai pour moi tout seul mon tonneau de luxe, l’accès aux douches et à la cuisine. Le personnel est trop fatigué du mariage qui a dû avoir lieu la veille avec une bamboula la nuit dernière si j'en crois la tête en casque à pointe de certains invités.
Je pensais bien manger au restaurant. Les employées m’indiquent (c’est dimanche !) à l’embarcadère un restaurant familial asiatique. Très bonnes préparations un peu simple mais des filets de merlu agrémentés de riz, c’est tout ce qu’il me faut pour repartir demain.
Tysdall Camping - Hjelmeland 31 km +547 m -581 m

Riskedalsvatnet



La fenaison





Les boules de foin enrubanées



Hetlandsvatnet







Le Ferry à hydrogène


Encore un "hôtel-barrique"


Les tondeuses robot, très répandues


Vue depuis l'hôtel-barrique

Hjemeland






Lundi 25 août 2025 - La remontée du Ryfylke
Ce matin réveil à 5h car l’étape devrait avoir une bonne dénivellation cumulée positive. J’ai prévu d’aller à Sand, petite bourgade de la région du Ryfylke, un port en bordure du Sansfjorden. Ce choix résulte des options comparées entre divers itinéraires dont certains ont des tunnels interdits aux cyclistes. Le choix de Hjelmeland à Sand s’est révélé être une très belle option. Le petit-déjeuner froid a été un petit-déjeuner glacé. Les oeufs durs étaient des glaçons, la faute à la température du frigo très basse. Donc pas terrible ! De suite, je dois prendre le ferry pour traverser en une vingtaine de minutes le Hjelmelandfjord mais pas n’importe comment … avec le premier ferry au monde à être équipé d’une pile à combustible fonctionnant à l’hydrogène : c’est le ferry dénommé MF Hydra en service depuis 2021 appartenant à la compagnie Norled. C’est étonnant de silence, de souplesse, d’accélération. De l’autre bord on arrive à Nesvik. L’itinéraire choisi prend la route 13, d’abord plein Nord puis plein Ouest bordant d’abord le Erfjorden puis le Lovranet puis, par une route très étroite à flanc de falaise, le Lovravjorden et le Sandsfjorden. Itinéraire assez escarpé avec pas moins de 14 tunnels traversés. La seule petite difficulté fut les nombreux camions rencontrés sur la route d’un gabarit qui ne permettait pas le croisement de deux véhicules sauf dans les quelques élargissements. En milieu de parcours, après le pont qui sépare le Lovravatnet du Lovrafjord une très petite ile où se trouve une très esthétique petite maison et qui est LA photo à faire sous réserve de pouvoir se garer sans trop de risques. Les tunnels se passent bien avec mes nouvelles lampes puissantes avant/arrière fixées au casque. La remontée de cette gorge est un vrai plaisir de cycliste, avec un peu de pente mais sur une belle route étroite et sinueuse. Il suffit de jeter quelques coups d’oeil sur le rétroviseur pour la sécurité. Il faut dire qu’en Norvège aujourd’hui les voitures électriques ont considérablement conquis la population. Le problème pour le cycliste est qu’elle ne font qu’un bruit très ténu.
J’ai mieux qu’un tonneau, une grande chambre, là encore accessible moyennant une boite à clef, un code, une carte magnétique qui ne doit pas être trop proche du smartphone car ça démagnétise la carte et … impossible alors de rentrer dans la chambre.
Le problème à Sand est qu’on ne trouve pas de restaurant à midi, peut-être un qui ouvrirait le soir.
A voir …
Hjemeland - Sand 49 km +731 m -759 m 14 tunnels

Départ pour Nesvik

HYDRA le ferry à hydrogène










Ile Eidaholmen





barrage Lovraeidet




Village de Sand




Mardi 26 août 2025 - Sand à Sauda, étape en forêt
Ce matin Sand est endormi. Dehors il fait glagla. Il faut dire qu’il est autour de 6h30. Le vélo a dormi avec moi dans la chambre du 2ème étage. Trois aller-retour dans les escaliers pour descendre le tout. Petit-déjeuner froid préparé la veille et posé dans un frigo. Par chance, je trouve de quoi faire du pain grillé et du café. J’attends la petite navette rapide pour Stavanger qui doit me faire traverser le Sandsfjorden pour atteindre Ropeid. Beaucoup de monde attend à Sand dont pas mal d’élèves qui vont descendre aussi à Ropeid où les attend un bus. C’est surprenant la vitesse que peuvent atteindre ces bateaux: on a mis 3 minutes environ pour traverser 2 kilomètres, donc 40 km/h non ?
Arrivé à Ropeid, j’ai l’impression d’arriver sur une île déserte. Personne après le départ du bus des élèves, pas une voiture. Je m’attendais d’après ce que j’avais étudié de près avec les cartes à devoir passer une série de tunnels. En réalité, la route serpente continûment en forêt. Je n’ai traversé que 4 tunnels dont un assez long d’1,5 km. Le parcours en forêt ne présente rien de très original sinon que l’on voit en permanence dans les trouées les eaux du Saudafjorden à droite, à gauche on progresse en longeant encore des pans rocheux de montagne. Rien de très palpitant dans cette étape. Quelques kilomètres avant d’atteindre Sauda, un grand panneau, des escaliers métalliques grimpent la montagne; C’est la cascade de Svandalsfossen qui, par l’accompagnement d’information routière qu’on y porte, doit être un monument de nature exceptionnel. Je laisse le mulet et entreprends la remontée des escaliers puis des énormes marches rocheuses (plus douces qu’au Preikestolen) jusqu’au but ultime où l’on voit la très belle chute d’eau éclater sur les à pics. Pas un autre bipède que moi. J’apprécie. L’arrivée à l’hôtel que j’ai réservé m’invitera désormais à me méfier des annonces trop élogieuses voire inexactes comme je l’ai constaté ces jours passés. D’abord, le restaurant annoncé est fermé (sans mariage ici), ensuite tout est très vétuste avec un manque évident d’entretien. Je ne suis pas dans un demi-tonneau mais dans une cahute en bois avec un petit lit à ressort mais de l’eau chaude. Je file en centre-ville pour trouver de quoi manger. Et je tombe sur Félix un petit resto familial parfait pour le cycliste. Au total, étape courte sans trop de curiosités. Bilan : transition en espérant mieux dans les jours à venir dont demain où là ça monte et où la tente sera dressée.
Sand - Sauda - 37 km +425 m -384 m 4 tunnels dont un de 1500 m













Port de Sauda





Mercredi 27 août 2025 - La montagne est là …
Je passe dans le dur ce matin : près de 1000 mètres de dénivellation positive, tente ce soir et … pluie tout le temps. Je quitte ma cabane en bois de l’hôtel à 7h après avoir pris un petit-déjeuner assez frugal. Il n’y avait que 4 grains de raisin, 2 quartiers de pomme, 1 tranche de l’éternel salami, une cueillère à café de confiture d’orange, 1 tranche transparente de fromage à pate jaune, 1 café fait de la veille, le tout sous la surveillance attentive d’une cerbère employée … Mes clignotants rouges de l’arrière du casque sont allumés. La montée se déroule dans une paix et un silence rares. Très très peu de véhicules. Le temps n’est pas l’idéal car - mais oui - le soleil a disparu pour laisser place au tic tic des gouttes de pluie que j’entendais dans mon lit à ressorts hélicoïdaux frapper sur le toit de ma cabane en bois. Très vite, j’ai dû mettre mon habit de pluie : le grand poncho à manches et le surpantalon qui me couvre jusqu’au bout des pieds. Beaucoup de fermes dans ce secteur. Des prés de fauche, des boules de foin enrubanées de blanc, des brebis un peu éparpillées … Les dix premiers kilomètres sont une montée tranquille sans dépasser les 10%. On atteint le hameau de Hellandsbigda. Mais, après, les choses se corsent. La montagne se resserre. On entre dans des gorges étroites avec un torrent au débit rugissant. C’est très beau. On atteint une ancienne mine de zinc. Là, le torrent est déchaîné. La route est de plus en plus étroite. Le vélo est de trop lorsque deux véhicules se croisent, mais le trafic est dérisoire. Les gorges sous la pluie sont encore plus belles mais … la pente est alors très forte et très longue. Il faut tenir et appuyer ! La pluie repart de plus belle. Je finis par atteindre Breiborg où je voulais poser ma tente. Trop humide. De belles tourbières … Je poursuis et commence à sentir le vent du col. Il est là reconnaissable à la statue pitée là de Knut Vesthassel. Toujours la pluie et le vent, ça descend un peu avec quelques bosses à remonter. Je vois un barrage avec quelques baraquements. Peut-être un abri ? Inespéré : un superbe auvent m’attend alors que la maison est fermée. Je place ma tente. Elle rentre tout juste dans l’auvent. Bon, espérons ne pas être délogé !
Finalement, peu de kilomètres mais une belle dénivellation remontée sous la pluie en traversant des gorges et, au-dessus, tout un secteur de lacs et de tourbières … la belle montagne quoi !
Sauda - barrage Svartavatnet 28 km +988 m -206 m

batterie de ... WC

ancienne mine de zinc



très riches tourbières







Point le plus haut de la route

Abri pour la nuit ... chance !



barrage de Svartavatnet
Jeudi 28 août 2025 - Magnifique travail de l'érosion glaciaire !
Après la pluie, la tente sous un auvent ! J’ai pu trouver cette opportunité assez unique dans ce secteur. Et je n’ai pas été délogé ! Les brebis me regardaient monter la tente … Un aliment déshydraté “Pâtes champignons” n’avait pas de saveur. Il fallait se forcer un peu pour … s’alimenter car j’en avais besoin après les sévères montées d’hier. La nuit a été sans cesse battue par les rafales de vent. La toile de tente claquait, le duvet était réconfortant. A la première lueur du jour, je démonte tout, avale un mélange de lait et de chocolat, harnache le Mulet … sous la pluie qui recommence à mouiller. Quelques centaines de mètres et, bien sûr, la tenue de pluie s’impose pour éviter notamment d’avoir les pieds trempés car là ça ne sèche pas en un jour et il n’y a pas de change. Malgré les averses et les nuages blanc/gris gonflés à bloc, on est obligé d’apprécier le paysage si original et si important. On fait les montagnes russes entre les lacs, les tourbières, les énormes chaos rocheux, un exemple très beau de l’érosion glaciaire qui a sévi, un énorme coup de rabot qui a fait se maintenir les roches métamorphiques extrêmement dures tout en emportant les sédiments permettant la création des très nombreux lacs et tourbières. Ca monte encore ! La descente relative qui permet de rejoindre le haut de Roldal se déroule en partie forestière. Des lacs et encore des lacs dont on ne voit pas de noms sur les cartes. On rejoint la route E134 au tracé large et bien arrondi, un peu en contrebas d’un très long tunnel interdits aux vélos. Impossible de trouver de quoi s’alimenter. Il faut descendre au bourg de Roldal pour trouver un "Extra" (enseigne de petit supermarché très répandu) à 7 km plus bas.
Un logement Airbnb m’accueille. Pas fâché de ce petit confort d’une douche chaude et d’un vrai lit après la pluie reçue hier et ce matin.
Au total, un itinéraire spectaculaire, original par l’immense paysage de roches métamorphiques, de lacs, de tourbières, pour la partie entre Sauda et Roldal.
Tente - Hameau d’altitude de Roldal 16 km + 2 x 14 km hameau-centre Rodal +516 m -685 m

Première bosse après le barrage


une succession de lacs







les brebis en liberté




Vendredi 29 août 2025 - Aïe ! Les trombes d’eau pour atteindre Odda …
J’étais bien dans un grand appartement chauffé Airbnb. Le nez par la fenêtre et … ça pleut ! Je m’habille en conséquence, mais je redoute les 8 premiers kilomètres qui sont en pente sans discontinuer et de façon régulière à 9-10 %. Plein de bornes de recharge électrique signées Tesla. C’est vrai que la marque américaine a fait un triomphe en Norvège. Le niveau de vie le permet. Globalement on ne voit que des voitures à plus de 50 000 euros. Ce matin, toujours de bonne heure, 7h, j’entame la montée. J’ai décidé de bloquer les dépenses énergétiques à une allure nettement en dessous du maximum que je peux donner, et ça ça aide bien. Je mouline à 3,8 km/h régulièrement sous la pluie. Car j’ai deux tunnels interdits aux cyclistes mais avec une route de montagne qui passe par un col à plus de 1000 mètres et qui doit être assez beau avec lacs, cascades, estives, sommets rocheux. Sauf que là … je ne vois pas grand chose. Le nez dans le guidon, les lunettes sans essuie-glace, le paysage est très limité. Deux arrêts photos quand même pour trouver une excuse pour m’arrêter pour souffler. Mais ça monte. Pas mal de brebis redescendent des hauteurs et me laissent passer sans trop avoir peur. Une des brebis à, au cou, un émetteur comme ceux qu’on peut mettre aux chiens pour les repérer. Quelques camping-cars sont pités mais sans mouvement intérieur. Ils ont passé la nuit là. Un énorme cairn à l’horizon ! C’est le col, le point le plus haut d’aujourd’hui atteint sous une flotte battante. J’avais senti le vent qui renseigne toujours de l’approche d’un col. A moi la descente pour joindre la sortie du 2ème tunnel interdit aux vélos. Doucement, je freine modérément de l’avant ne voulant pas avoir le même problème qu’il y a quelques jours avec les plaquettes. La descente, très pentue, continue après sur une bonne trentaine de kilomètres mais avec une pluie qui redouble d’intensité et … un trafic de véhicules qui augmente énormément sur cette route sans bas-côtés un peu étroite pour joindre la petite cité de Odda. Je vois maintenant à 10 mètres et piste en permanence le bord droit goudronné pour me faire le plus petit possible aux passages des voitures et des camions. Je dois être trempé jusqu’aux os ! Faut y aller ! Faut arriver à l’hôtel que j’ai réservé ! Tout arrive, d’abord le panneau Odda qui me rassure pour ne pas avoir loupé une intersection, ensuite les deux grands lacs que la route longe avec des sections en forme de gorge, pour voir enfin le panneau d’entrée Odda. L’hôtel est trouvé non sans mal. J’ose à peine entrer dans le hall de réception tellement je dégouline de partout. La réceptionniste réussit à me trouver une chambre nettoyée (car il est bien avant l’heure normale d’entrée pour les chambres) au troisième niveau. Je monte tout mon attirail dans l’ascenseur (Ah! la mare d’eau !) et trouve une chambre chauffée. A poil ! une belle serviette m’enlève l’humidité. Ca y est, étape franchie comme … prévu ! Pas mal le Vieux ! …
Roldal - Odda 41 km +460 m -1150 m



la belle petite route à pente régulière 9-10% ...

... pour éviter deux tunnels interdits aux cyclistes



Arrivée à Odda

Hotel Hardanger ... au sec !

Le complexe industriel de Odda

Sandvinvatnet






Samedi 30 août 2025 - Une longue et paisible route le long du Sorfjorden
Me voilà presque tout sec et, ce matin, pas de pluie ! Profitons-en ! Enfin j’ai dormi dans un hôtel très correct (Hardanger hotel) et qui mérite ses vraies étoiles. Personnel accueillant surtout quand on a devant soi un bipède tout dégoulinant ! Petit déjeuner correct mais sans omelette ni oeufs au plat. Je pars d’Odda avec une bonne impression. La route que je suis est située à l’Est du Sorfjorden. Elle longe ce fjord sur une quarantaine de kilomètres. Paisible est le bon mot pour qualifier le très faible trafic, une région peu habitée mais principalement par des arboriculteurs et des plaisanciers, avec, à la sortie de Odda une énorme concentration d’usines pour produire du zinc (Boliden Odda), des engrais (Odda Smelteverk), des plastiques (Odda Plast). Trois tunnels sont à passer tous feux allumés : facile puisque la circulation est quasi nulle. Jusqu’au bord du fjord, des plantations de pommiers rouges s’étendent sur des kilomètres, bien alignés avec quelques ramasseurs en équilibre dans la pente sur une petite échelle mettant les pommes dans un grand caisson d’un mètre cube. Un pic vert dérangé par mon arrivée presque silencieuse s’écarte tranquillement sa calotte rouge voletant au rythme de ses battements d’aile. La pente est presque nulle. On longe le fjord de très près avec quelques montées courtes. A gauche, descendant du haut de la montagne sur plusieurs centaines de mètres, une très belle suite de cascades oblige un arrêt photos (Aednafossen ?). Pour le coup, c’est plus une concentration de plusieurs cascades qu’une seule chute d’eau, j’oserai dire s’approchant en esthétique de la majestueuse cascade du Cirque de Gavarnie. Toujours pas une goutte d’eau ! Magnifique. Au bout de quelque 40 kilomètres de pédalage plein Nord, on bifurque plein Ouest pour atteindre Utne, embarcadère pour le ferry qui permet de joindre Kvanndal en une vingtaine de minutes de traversée quasiment silencieuse. Parmi les personnes à bord tout un groupe en habits traditionnels de cérémonie. Le Kvanndal camping se trouve juste au débarcadère. Très étendu, la suite de hyttes est gérée par des jeunes à l’accueil sympatique. Ma petite maison en bois (hytte) est bien plus agréable que mes précédents “hôtels barriques”. Le camping fait aussi quelques plats. Bon à prendre ! Je rencontre un couple lorrain ayant émigré à Arles. Ils ont monté un voyage “autotour”. Rares français rencontrés dans cette région de Norvège. On a mangé un bout de poulet ensemble. Ils sont repartis vers le Nord, m’ayant fait une piètre description de ces gros bateaux touristiques qui, par leur vision, créent une négation du paysage … Journée calme après la journée d’hier au paysage montagneux seulement entraperçu entre les bourrasques de pluie. La Nature est aussi très belle sous la pluie … quand on peut la voir !
Odda - Kvanndal 51 km +195 m -206 m







On longe le Sorfjorden par l'Est

Très nombreuses toitures de lauses

Culture de pommiers








Ferry pour Kvanndal








Ma petite cabane en bois (Hytte)
Dimanche 31 août 2025 - Une longue route cyclable pour atteindre Voss
Le camping Kvanndal à recommander : tranquille, calme, un peu de nourriture, une douche chaude mais faut porter son drap housse et sa serviette de toilette. Ce manque de fourniture d’une serviette de toilette est un peu général en Norvège. C’est très génant pour les pédaleurs quotidiens car comment faire sécher … Alors on essaie d’éviter la serviette qu’on porte en trouvant des solutions pas très logiques mais efficaces : rideau, papier vaisselle, voire rouleau papier toilette … On considère qu’on est propre. J’ai oublié quelque part mon savon à raser … Essayer de ne rien perdre c’est encore un défi essentiel pour le cycliste de chaque jour qui ne repasse jamais au même endroit. Ca tire un peu le rasoir mais on fait avec. 7h je laisse mon Hytte avec la clef sur la porte. Je continue de longer le Granvinsfjorden. Très vite je passe par une zone travaux avec un très beau travail d’élargissement dans la roche compacte où le pelliste réussit à faire éclater de gros morceaux de façon inégale et différente le résultat étant non pas une bordure très géométrique mais une oeuvre originale en relief aucune des portions travaillées n’étant pareille à une autre. Premier tunnel de 1,60 kilomètre suivi d’un deuxième nettement plus court mais en courbe juste avant le village de Granvin. Après il faut laisser la route principale car tunnels interdits au cycliste. Il faut suivre une très belle piste cyclable qui va quasiment se poursuivre jusqu’à l’entrée de Voss, en cotoyant plusieurs lacs (Granvinsvatnet, Moavatnet, Monsvatnet) mais, dans une montée un peu raide, la très belle chute d’eau de Skjervsfosen, avec les trombes d’eau tombées les jours précédents, montre sa parure la plus magnifique. La route cyclable (c’est mieux qu’une piste avec environ 5 mètres de large) est vraiment un élément majeur de sécurité, dans ces conditions, car plus de souci de voitures ou de camions. On trouve peu à très peu de villages et surtout on a l’impression qu’il n’y a presque personne. Faut dire que c’est dimanche et que c’est relativement de bonne heure. Pas de bétail dehors. Etape agréable, pas trop de pente … c’est appréciable quand on avance tous les jours. On passe devant le village de Spildo avant d’entrer en descente dans les environs de Voss. La recherche du logement airbnb que j’ai réservé n’est pas aisé. Après quelques ratés, je finis par arriver au 4A. Le propriétaire est accueillant, pieds nus car j’ai dû le réveiller (alors qu’il est 11h30). On met le Mulet dans le garage. Confiance : j’ai la clef de la maison dans une chambre au 1er étage alors que la famille du propriétaire est au rez-de-chaussée. Je file à la gare ferroviaire pour me repérer pour demain matin car demain je prends un autre mode de transport. Le Mulet et moi sommes interdits de passer dans des tunnels pour joindre Flam, alors on va tester le voyage en train de Voss à Myrdal pour ensuite filer sur Flam. Dimanche, tout est au point mort en Norvège. J’ai fini par trouver de quoi manger un peu. A Voss, le gros du vélo est terminé.
Kvanndal - Voss 42 km +422 m -347 m


Skjervsfosen



des névés sur les hauteurs


Ville de Voss


Lundi 1er septembre 2025 - Changement de mo(n)de …
Gros dodo dans la chambre Airbnb de Voss. Je me déplace à pas de loup avec le plancher craquant pour m'éclipser sans trop de bruit. Petit-déjeuner minime - un demi-litre de chocolat au lait froid. Je tire la porte du garage où le Mulet se trouve, accroche mes sacoches, la tente, le matelas, et n’oublie pas de poser la clef de la maison dans la boite à clef selon les consignes du propriétaire, collègue enseignant. Il est tôt (toujours la même heure 7h), le ciel est bouché mais les nuages n’ont pas fait leur trop plein encore. Direction la gare ferroviaire avec une très spatieuse étendue de parkings pour taxi, pour bus, pour voitures de tout le monde, pour motocyclettes, pour vélo. Chaque chose à sa place. Mon train venant de Bergen arrive sur le quai 2 qu’on atteint par ascenseur d’où pas de souci de grimpette du vélo chargé par les escaliers. La gestion ferroviaire a l’air très au point. Une employée apparemment aussi chef de train m’accueille sur le quai me montrant comment acquérir les billets du bipède sénior (réduction !) et du vélo (lui plein pot !). Je lui fais comprendre que je préfère payer dans le train : no problem. Et … arrive tout un groupe de chinois en voyage organisé qui me prend pour cible en s’esclaffant devant ce zèbre casqué à culotte courte (il fait un peu frais encore …) et commence à m’entourer en poussant des mots forts que je ne comprends pas, sauf … la question traditionnelle des chinois (mon voyage en Chine il y a une quinzaine d’années avait eu les mêmes préoccupations essentielles et fondamentales) : how old are you ? Et moi de leur retourner la question pour une réponse de leur part. Toujours un peu flatteurs les chinois qui donne toujours un âge bien plus jeune que la réalité. Et, lorsque je leur dis le vrai âge ils veulent me palper les jambes pour voir comment un blanc est fabriqué (à Urumchi dans le Xinjiang ils me palpaient le bras !). Et, bien sûr, la photo avec cet ovni qui pédale avec un casque énorme sur la tête : sûr que cet épisode enrichira les soirées ! Heureusement, le train est arrivé. Ils se sont tous embarqués en se poussant pour rentrer dans le wagon indiqué par le meneur du voyage. Ils font, m’a dit un jeune du groupe qui parlait bien anglais, un voyage en Europe : ils sont déjà passés par les Pays-Bas, le Danemark, la Suède, et doivent continuer par la Finlande et l’Allemagne. J’ai visé le seul wagon qui accepte les vélos : ouf ! le calme est revenu. Le train doit aller jusqu’à Myrdal. Passage obligé pour moi à cause des tunnels interdits aux vélos. Avec le train on en a passé pas moins de 16. Terminus Myrdal. De là une énorme descente sur piste à vélo m’attendait. Les 7 premiers kilomètres sont impressionnants avec des lacets très serrés et une pente majuscule où les freins sont tout le temps au travail. Vitesse lente donc surtout dans les virages (et en plus il y a le piège des cailloux qui roulent sous les pneus). J’avoue n’avoir jamais descendu un truc pareil car il fallait freiner doucement et progressivement, appuyer sur l'arrière de la selle, à défaut on risque la culbute avant. Cette piste de 21 km descend une vallée qui mène à Flam en bordure du Sognefjord. A savoir : de Myrdal à Flam un train spécial avec peu de wagons mais deux locomotrices (une tirant devant, l’autre poussant à l’arrière) fait toute la journée la navette Flam-Myrdal. Ceci suppose un public conséquent dans cette vallée perdue ! De fait en arrivant à Flam on passe de la montagne sauvage habituelle à une sorte de luna park alimenté par une belle route avec tunnel récent (interdit aux vélos) et par des bateaux énormes convoyant plusieurs milliers de touristes, pouvant accoster directement à Flam. La vision de ces immeubles flottants à une dizaine d’étages perturbe la perception qu'on peut avoir d'un paysage. Car on ne voit plus la Nature, on ne voit qu’un énorme mur ! … qui disparaît le soir car le bateau est reparti ! Vision surprenante … Ce tourisme éphémère de quelques heures est sollicité pour faire du VTT (des centaines de VTT sont parqués) sur une portion de la piste de Flam, pour monter dans des petits trains comme ceux que l’on voit sur les plages, par des magasins en tous genres dont un énorme qui vend des habits probablement de spécialités locales, et bien sûr de restaurants et de bistrots. Donc … à fuir ou à ne pas rester longtemps !
Demain, innovation : je vais rejoindre Bergen en prenant un bateau qui va permettre d’admirer le Sognefjord le "roi des fjords", le plus long et le plus profond fjord de Norvège. Les témoignages sur la toile ne font que des éloges sur cette traversée …
Voss - Myrdal train régional 1h de trajet avec au moins 17 tunnels
Myrdal - Flam : descente vélo 21 km de piste dont 7 km de “piste noire” en début

Gare de Voss


le groupe de chinois

belle place pour le vélo

Myrdal, terminal pour Flam

Les débuts prudents de la piste caillouteuse pour Flam

A mi-parcours parking pour VTT !

un peu de goudron pour les derniers km avant Flam

tunnel pour vélo !

Voie ferrée de Flam à Myrdal







Petite église de Flam

Cimetière fleuri de Flam





train touristique Flam - Myrdal

Flam destination des plus gros paquebots

Ma petite hytte de Flam


Mardi 2 septembre 2025 - Sognefjorden, pluie, noirs nuages, arcs-en-ciel
Aujourd’hui bateau sur le plus beau, le plus long, le plus profond … fjord de Norvège. C’est ainsi que les dépliants qualifient le Sognefjord. Même si Flam est désormais une cité touristique un peu dénaturé par les gros immeubles naviguant pour plusieurs milliers de personnes, comment en vouloir à ces gens qui viennent ainsi voir une chose unique qu’ils n’auraient jamais pu vivre autrement ? Ce matin, pas de bateau de ce type. La baie est très calme. Juste deux bateaux d’une capacité de 50 personnes dont l’un tout électrique. Je regrette le camping où j’étais : le seul de mon périple qui soit avec drap et housse propres, et avec serviette (essentiel pour un bipède tout temps à vélo). Je rencontre un groupe de français du Sud (des Pyrénées notamment de Saint Béat et d’Igon) qui font un circuit de 8 jours et prennent le même bateau pour Bergen. Etonnant petit navire. Dans le fjord, il glisse à 57 km/h (donné par technique satellitaire). Selon un des français expert dans ce domaine, il n’a pas d’hélices mais quatre tuyères de sortie alimentées par une énorme pompe qui aspire l’eau et la repousse vers ces tuyères entrainant le navire par la très forte pression de poussée exercée. Pas de fumée et très peu de vaguelettes en sortie arrière. Les deux premiers tiers du fjord ne sont pas d’un paysage exceptionnel. Très peu ou pas d’occupations humaines, une Nature qui semble assez originelle. En revanche dans les 50 derniers miles, se mèlent de très nombreux ilôts dans un fjord qui se rétrécit, avec, en prime, de gros nuages gris noirs qui vont déverser d’énormes quantités d’eau mais avec aussi de superbes arcs-en-ciel. Après 5h30 de navigation, l’accostage se fait sous … la pluie. J’ai pu, avec l’agrément sympathique du chef de bord, extraire du vélo mon poncho et mon surpantalon avant l’accostage. Dehors, ce sont des seaux d’eau. Et le gymkhana commence pour atteindre la maison qui m’a réservé une chambre à plus de 4 km. Il fait nuit. Mes lampes avant et arrière sont plein pot. Et j’essaie de suivre le tracé de Maps.me et de Maps. Sauf qu’un tunnel routier récent ne figure pas sur la carte et donc … allers-retours trois fois dans le tunnel de 600 m pour essayer de me repérer. Un vrai labyrinthe qui finit par me poser devant la maison sans plaque de numéro de rue mais avec une boite à clef pour ouvrir la porte. Je me trompe (éclairage avec mon téléphone …) et derrière la porte quelqu’un finit par ouvrir. Sauvé ! Le vélo rentre dans un petit réduit mais avec la roue avant enlevée … Je suis trempé jusqu’aux os. Mais je suis arrivé. Pas eu la possibilité de manger. Dodo … On verra demain !
Flam - Bergen bateau sur le Sognafjord 5h40
Bergen - Airbnb 7 km +45 m -50 m












Navire électrique dans la baie de Flam

Baie de Flam



encore uns chambre barrique ...


Flam




Le catamaran pour Bergen qui avance avec des waterjets


Le train Flam - Myrdal avec deux locomotrices (avant/arrière) imposées par la pente





Départ pour Bergen avec le catamaran à waterjets
































































Mercredi 3 septembre 2025 - Le dédale Bergen …
Ce matin, je pointe le nez dehors … Bouché ! Donc inutile de programmer une sortie au téléphérique d’Ulriken, plus haut point dominant Bergen. Le souci premier est quand même de savoir où je dois me rendre demain prendre le bus pour Stavanger - car la fin approche … Vu la galère qui a été mienne hier j’opte pour une chasse à la gare routière. A Bergen, le problème semble toujours le même pour des cyclistes : beaucoup de cheminements divers pour les vélos - et les piétons, mais il est très difficile d’avoir un itinéraire d’ensemble même avec nos outils électroniques de spatialisation qui ne font pas de différence de tracé piste pour vélo et route pour véhicule, et surtout qui ne sont pas à jour des modifications apportées aux réseaux, tel ce nouveau tunnel de plus de 600 mètres d’hier qui a considérablement modifié les itinéraires réels des vélos par rapport à ce qui est cartographié. Sobre petit-déjeuner (café) puis départ à vélo à la recherche de l’emplacement du bus de demain pour Stavanger. Ca descend d’abord puis ça monte. Les plaques de noms des rues ont été oubliées. Le repère est le positionnement satellitaire dans sa transcription sur la carte. J’ai fait pas mal de tours en boucle pour, incidemment, apercevoir des bus à l’arrêt sous un gigantesque porche, en réalité une immense gare routière de plusieurs centaines de mètres de long à rangées multiples, sans aucun affichage permettant de renseigner le lieu affecté à une compagnie et/ou à une destination. Pas de bureau d’information. Je crois rêver. Je finis par tapper à la porte d’un chauffeur de bus qui finit par me dire où se trouvera le bus demain pour Stavanger. Il suffit de lire un petit boitier électronique qui se trouve sur le pilier à côté du bus et qui indique l’heure de départ et la destination. Bon sang mon cher Watson mais c’est évident ! Une fois avoir ancré cela dans ma tête, il me restait à trouver le cheminement pour arriver ici sans me perdre depuis mon logement Airbnb situé à 4,5 km. L’onglet vélo dans Maps.me et dans Google.maps ne me donne pas le même itinéraire ! Bon … Il faut dire que tout le centre de Bergen n’est que goudron pour route, goudron pour piste vélo goudron pour trottoir. Et tout cela se touche en parallèle mais pas toujours car il y a aussi des couloirs d’autobus et les rails des tramways ! Au total, j’ai fait un trajet que j’ai parcouru deux fois aller-retour pour bien l’enregistrer. A voir demain si je saurai retrouver à temps. Pas folichon tout ça … Il faut plusieurs jours pour apprivoiser Bergen et bien apprécier ses qualités. Ce qui est sûr c’est une circulation routière redoutable à la queue leu leu mais avec énormément de voitures électriques. Les gens ne s’affolent pas pour autant et cyclistes et piétons sont bien respectés. Les patinettes électriques sont très utilisées. Enormément d’aménagements routiers pour sécuriser : par exemple un mur bétonné de 60 cm de haut pour séparer route voitures et route vélos. On voit que l’aménagement de la ville s’est fait au fur et à mesure sans trop de conceptions d’ensemble (de très belles et originales constructions individuelles typées avec ossatures bois couleur blanche ou rouge). La Nature n’est que présente surtout à la périphérie. Les commerces sont principalement dans l’hypercentre. Etonnante est l’absence de commerces dès que l’on s’en écarte. Et … pluie à partir de 14h. Comme me dit mon propriétaire : ici on a l’habitude …
Vagabondages éreintants à Bergen … une trentaine de kilomètres

Bergen. Illustration de la complexité : route, pistes cyclables, trottoir piétons, quatre voies aériennes ...


Bonne sécurité pour piétons et vélos : muret séparateur avec la route pour véhicules

Bergen - téléphérique Ulriken


Beaucoup de voitures électriques ...
Jeudi 4 septembre 2025 - Retour à Stavanger, ingénieux parcours bus-ferries
Bé oui, je ne me suis pas trompé aujourd’hui. J’ai rallié sans encombre la gare routière de Bergen. J’ai encore quelques cellules actives … Réveil tôt ce matin, j’avale le demi litre de chocolat au lait, je sors le Mulet de sa cachette et lui remets la roue avant (il était trop grand le Mulet !). J’ai descendu l’escalier de bois sans faire trop crisser les marches. Et je claque tout doucement la porte d’entrée et la soute où était le vélo (tous deux avec des cadenas sans clef comme c’est la mode aujourd’hui). Il fait frisquet. Ca circule déjà beaucoup : voitures, vélos, patinettes à moteur, bus, tram. Chouette adresse le logement airbnb où j’étais.
La gare routière est presque vide à cette heure. Je trouve enfin la salle d’attente, chauffée, avec un énorme écran mentionnant les départs … sauf le mien ! Du coup, je vais trouver une boulangerie pour manger un croissant. Je reviens : toujours pas d’affichage de Mon bus ! A la place du bus où j’avais interrogé le chauffeur, il y a un bus de la même compagnie et qui affiche Stavanger. Mais il est trop tôt de 3 heures par rapport à l’horaire sur mon ticket. J’interroge le chauffeur qui me dit d’attendre 11h30. Mais et l’affichage ? Même celui doit partir dans 15 minutes n’est pas affiché au grand écran ? Au fond, je suis rassuré : la mise à jour n’est pas faite, puisque le bus qui est là part dans 15 minutes sans être affiché, pour celui de 11h30, ce sera pareil. Il sera là et ne sera pas affiché (la méthode Coué, oui).
Gagné ! A 11h, le bus arrive et se pose à l’endroit dévolu à la compagnie, et … n’est pas affiché ! C’est dur parfois le norvégien … Je rentre vélo et sacoches dans la soute. Je suis à la première place réservée à droite du chauffeur pour mieux voir. Pile à l’heure, départ en vitesses automatiques dans un bus très confortable. On sort tant bien que mal de Bergen engorgée de bouchons et … Madame la pluie semble vouloir nous accompagner. Le parcours est très beau avec une route qui s’insinue avec moultes tunnels entre des bras de fjords à gauche et à droite. Les brebis paissent tranquilles. Le paysage est très vallonné avec toujours ces masses rocheuses très arrondies qui émergent, polies par les mouvements glaciaires. Passages avec des ferries, obligés pour rejoindre d’autres bras de terre. Changement de bus. Je déplace mulet et sacoches. Ainsi on zigzague au gré des vallonnements et des tunnels (interdits aux cyclistes). Beaucoup d’arrêts prévus mais obligatoires que lorsqu’il y a des demandes de passagers. L’entrée à Stavanger est assez rapide. Après 5h30 de voyage, la gare routière de Stavanger est atteinte. Elle est à moins d’un kilomètre de l’hôtel où j’ai laissé mes affaires de change et le carton pour l’avion. Récupération sans histoire à l’hôtel, bonne douche et … repas offert par l’hôtel, deux en un pour moi : qui comprend ?
Bergen - Stavanger 2 bus, 3 ferries, beaucoup de tunnels

Gare routière de Bergen
Le Mulet à terre dans la cale du bus


en route pour Stavanger


























Waterjet








Vendredi 5 septembre 2025 - Récupération alimentaire, le Mulet prêt pour l’avion
Douce nuit dans de beaux draps en coton bien blanc … Hier soir diner offert par l’hôtel, remarquable de qualité. Aujourd’hui, j’ai continué mon rattrapage alimentaire. Un énorme petit déjeuner puis encore deux restos ce midi et ce soir. Il fallait ça pour compenser les manques des jours passés. J’ai démonté scrupuleusement le vélo pour l’enfiler dans le carton que j’ai au préalable renforcé sur les déchirures faites à l’aller. Curieusement on dirait qu’on a mis un coup de cutter et tirer au milieu à l’endroit du haut du pédalier (tester si j’avais une batterie?). J’ai dégonflé, sorti la roue avant, et tout le train train habituel (guidon dévissé et en travers, selle sorti, pédales et béquille dévissées, tente pour appui du cadre, matelas et bulles plastiques pour éviter trop de jeu) et toile collante pour boucler le tout. La cartouche de gaz (impossible à transporter en avion) a été donnée à un réparateur de vélo. Les bagages des sacoches sont rentrés dans le sac de voyage mais … très juste. Bref, c’est bouclé ! Le chauffeur de taxi de l’aller m’avait donné son numéro de téléphone car il était intéressé pour me reconduire à l’aéroport. Je lui ai laissé deux SMS. Ne répondant pas. J’ai fait téléphoner l'hôtesse d’accueil de l’hôtel. D’après ce qu’elle m’a dit, c’est bon pour demain 6h30 devant l’hôtel, il sera là avec son van. Croisons les doigts que ce soit vrai.
Stavanger est la 4ème cité de Norvège par l’importance de sa population et se trouve tout proche des forages pétroliers et gaziers découverts dans les années 1960 avec le gisement Ekofisk dont la production a débuté en 1971 émaillée de deux accidents majeurs en 1977 (énorme soufflage et pollution maritime) et en 1980 (chavirage d’une plateforme où étaient logés les travailleurs avec plus de 100 morts). Sur le port de Stavanger se trouve un très documenté musée relatant l’histoire et les diverses techniques de l’exploration et l’exploitation pétrolières et gazières avec des pièces apparemment d’origine installées comme les foreuses, les scaphandres, les sous-marins de poche. Créé en 1990 il a été conçu et bâti comme une plate-forme de forage donc une suite de constructions assez imposantes. C’est à voir surtout lorsqu’on est devant une énorme pièce métallique toute tordue et rouillée retirée du chavirage de la plate-forme en 1980 : très émouvant quand on connait l’histoire …
Demain, debout de bonne heure mais pas pour pédaler, pour … d’abord prendre un copieux petit-déjeuner, ensuite monter dans le taxi qui doit - je l’espère - être là à 6h30, pour l’avion d’Amsterdam puis de Toulouse. Le temps ? Il fait … beau : normal, je ne pédale pas !

Vente de crabes au bateau



Caisson de réparation de gazoduc




Stavanger - Eau polluée, interdiction de pêche


Traction électrique


Chantier naval de Stavanger


Stavanger - Musée de l'exploitation pétrolière et gazière


Samedi 6 septembre 2025 - Retour au pays …
Le taxi arrive à l'hôtel pile à 6h30. Photo souvenir, le chauffeur y tient. L’enregistrement du vélo est long car on m’a obligé d’ouvrir le carton. L’agent a ensuite vérifié toutes les pièces du vélo en passant une sorte de papier sur chaque morceau du cadre, des roues, de la tente, de la selle, du matelas pour ensuite mettre ce papier dans un lecteur. Rien. Que cherchait-il ? Je referme avec le scotch rouge qu’on me donne. Cette fouille est une première pour moi. Je leur avais dit que je n’avais pas de batterie … sans effet.