
Le train Flam - Myrdal avec deux locomotrices (avant/arrière) imposées par la pente





Départ pour Bergen avec le catamaran à waterjets
































































Mercredi 3 septembre 2025 - Le dédale Bergen …
Ce matin, je pointe le nez dehors … Bouché ! Donc inutile de programmer une sortie au téléphérique d’Ulriken, plus haut point dominant Bergen. Le souci premier est quand même de savoir où je dois me rendre demain prendre le bus pour Stavanger - car la fin approche … Vu la galère qui a été mienne hier j’opte pour une chasse à la gare routière. A Bergen, le problème semble toujours le même pour des cyclistes : beaucoup de cheminements divers pour les vélos - et les piétons, mais il est très difficile d’avoir un itinéraire d’ensemble même avec nos outils électroniques de spatialisation qui ne font pas de différence de tracé piste pour vélo et route pour véhicule, et surtout qui ne sont pas à jour des modifications apportées aux réseaux, tel ce nouveau tunnel de plus de 600 mètres d’hier qui a considérablement modifié les itinéraires réels des vélos par rapport à ce qui est cartographié. Sobre petit-déjeuner (café) puis départ à vélo à la recherche de l’emplacement du bus de demain pour Stavanger. Ca descend d’abord puis ça monte. Les plaques de noms des rues ont été oubliées. Le repère est le positionnement satellitaire dans sa transcription sur la carte. J’ai fait pas mal de tours en boucle pour, incidemment, apercevoir des bus à l’arrêt sous un gigantesque porche, en réalité une immense gare routière de plusieurs centaines de mètres de long à rangées multiples, sans aucun affichage permettant de renseigner le lieu affecté à une compagnie et/ou à une destination. Pas de bureau d’information. Je crois rêver. Je finis par tapper à la porte d’un chauffeur de bus qui finit par me dire où se trouvera le bus demain pour Stavanger. Il suffit de lire un petit boitier électronique qui se trouve sur le pilier à côté du bus et qui indique l’heure de départ et la destination. Bon sang mon cher Watson mais c’est évident ! Une fois avoir ancré cela dans ma tête, il me restait à trouver le cheminement pour arriver ici sans me perdre depuis mon logement Airbnb situé à 4,5 km. L’onglet vélo dans Maps.me et dans Google.maps ne me donne pas le même itinéraire ! Bon … Il faut dire que tout le centre de Bergen n’est que goudron pour route, goudron pour piste vélo goudron pour trottoir. Et tout cela se touche en parallèle mais pas toujours car il y a aussi des couloirs d’autobus et les rails des tramways ! Au total, j’ai fait un trajet que j’ai parcouru deux fois aller-retour pour bien l’enregistrer. A voir demain si je saurai retrouver à temps. Pas folichon tout ça … Il faut plusieurs jours pour apprivoiser Bergen et bien apprécier ses qualités. Ce qui est sûr c’est une circulation routière redoutable à la queue leu leu mais avec énormément de voitures électriques. Les gens ne s’affolent pas pour autant et cyclistes et piétons sont bien respectés. Les patinettes électriques sont très utilisées. Enormément d’aménagements routiers pour sécuriser : par exemple un mur bétonné de 60 cm de haut pour séparer route voitures et route vélos. On voit que l’aménagement de la ville s’est fait au fur et à mesure sans trop de conceptions d’ensemble (de très belles et originales constructions individuelles typées avec ossatures bois couleur blanche ou rouge). La Nature n’est que présente surtout à la périphérie. Les commerces sont principalement dans l’hypercentre. Etonnante est l’absence de commerces dès que l’on s’en écarte. Et … pluie à partir de 14h. Comme me dit mon propriétaire : ici on a l’habitude …
Vagabondages éreintants à Bergen … une trentaine de kilomètres

Bergen. Illustration de la complexité : route, pistes cyclables, trottoir piétons, quatre voies aériennes ...


Bonne sécurité pour piétons et vélos : muret séparateur avec la route pour véhicules

Bergen - téléphérique Ulriken


Beaucoup de voitures électriques ...
Jeudi 4 septembre 2025 - Retour à Stavanger, ingénieux parcours bus-ferries
Bé oui, je ne me suis pas trompé aujourd’hui. J’ai rallié sans encombre la gare routière de Bergen. J’ai encore quelques cellules actives … Réveil tôt ce matin, j’avale le demi litre de chocolat au lait, je sors le Mulet de sa cachette et lui remets la roue avant (il était trop grand le Mulet !). J’ai descendu l’escalier de bois sans faire trop crisser les marches. Et je claque tout doucement la porte d’entrée et la soute où était le vélo (tous deux avec des cadenas sans clef comme c’est la mode aujourd’hui). Il fait frisquet. Ca circule déjà beaucoup : voitures, vélos, patinettes à moteur, bus, tram. Chouette adresse le logement airbnb où j’étais.
La gare routière est presque vide à cette heure. Je trouve enfin la salle d’attente, chauffée, avec un énorme écran mentionnant les départs … sauf le mien ! Du coup, je vais trouver une boulangerie pour manger un croissant. Je reviens : toujours pas d’affichage de Mon bus ! A la place du bus où j’avais interrogé le chauffeur, il y a un bus de la même compagnie et qui affiche Stavanger. Mais il est trop tôt de 3 heures par rapport à l’horaire sur mon ticket. J’interroge le chauffeur qui me dit d’attendre 11h30. Mais et l’affichage ? Même celui doit partir dans 15 minutes n’est pas affiché au grand écran ? Au fond, je suis rassuré : la mise à jour n’est pas faite, puisque le bus qui est là part dans 15 minutes sans être affiché, pour celui de 11h30, ce sera pareil. Il sera là et ne sera pas affiché (la méthode Coué, oui).
Gagné ! A 11h, le bus arrive et se pose à l’endroit dévolu à la compagnie, et … n’est pas affiché ! C’est dur parfois le norvégien … Je rentre vélo et sacoches dans la soute. Je suis à la première place réservée à droite du chauffeur pour mieux voir. Pile à l’heure, départ en vitesses automatiques dans un bus très confortable. On sort tant bien que mal de Bergen engorgée de bouchons et … Madame la pluie semble vouloir nous accompagner. Le parcours est très beau avec une route qui s’insinue avec moultes tunnels entre des bras de fjords à gauche et à droite. Les brebis paissent tranquilles. Le paysage est très vallonné avec toujours ces masses rocheuses très arrondies qui émergent, polies par les mouvements glaciaires. Passages avec des ferries, obligés pour rejoindre d’autres bras de terre. Changement de bus. Je déplace mulet et sacoches. Ainsi on zigzague au gré des vallonnements et des tunnels (interdits aux cyclistes). Beaucoup d’arrêts prévus mais obligatoires que lorsqu’il y a des demandes de passagers. L’entrée à Stavanger est assez rapide. Après 5h30 de voyage, la gare routière de Stavanger est atteinte. Elle est à moins d’un kilomètre de l’hôtel où j’ai laissé mes affaires de change et le carton pour l’avion. Récupération sans histoire à l’hôtel, bonne douche et … repas offert par l’hôtel, deux en un pour moi : qui comprend ?
Bergen - Stavanger 2 bus, 3 ferries, beaucoup de tunnels

Gare routière de Bergen
Le Mulet à terre dans la cale du bus


en route pour Stavanger


























Waterjet








Vendredi 5 septembre 2025 - Récupération alimentaire, le Mulet prêt pour l’avion
Douce nuit dans de beaux draps en coton bien blanc … Hier soir diner offert par l’hôtel, remarquable de qualité. Aujourd’hui, j’ai continué mon rattrapage alimentaire. Un énorme petit déjeuner puis encore deux restos ce midi et ce soir. Il fallait ça pour compenser les manques des jours passés. J’ai démonté scrupuleusement le vélo pour l’enfiler dans le carton que j’ai au préalable renforcé sur les déchirures faites à l’aller. Curieusement on dirait qu’on a mis un coup de cutter et tirer au milieu à l’endroit du haut du pédalier (tester si j’avais une batterie?). J’ai dégonflé, sorti la roue avant, et tout le train train habituel (guidon dévissé et en travers, selle sorti, pédales et béquille dévissées, tente pour appui du cadre, matelas et bulles plastiques pour éviter trop de jeu) et toile collante pour boucler le tout. La cartouche de gaz (impossible à transporter en avion) a été donnée à un réparateur de vélo. Les bagages des sacoches sont rentrés dans le sac de voyage mais … très juste. Bref, c’est bouclé ! Le chauffeur de taxi de l’aller m’avait donné son numéro de téléphone car il était intéressé pour me reconduire à l’aéroport. Je lui ai laissé deux SMS. Ne répondant pas. J’ai fait téléphoner l'hôtesse d’accueil de l’hôtel. D’après ce qu’elle m’a dit, c’est bon pour demain 6h30 devant l’hôtel, il sera là avec son van. Croisons les doigts que ce soit vrai.
Stavanger est la 4ème cité de Norvège par l’importance de sa population et se trouve tout proche des forages pétroliers et gaziers découverts dans les années 1960 avec le gisement Ekofisk dont la production a débuté en 1971 émaillée de deux accidents majeurs en 1977 (énorme soufflage et pollution maritime) et en 1980 (chavirage d’une plateforme où étaient logés les travailleurs avec plus de 100 morts). Sur le port de Stavanger se trouve un très documenté musée relatant l’histoire et les diverses techniques de l’exploration et l’exploitation pétrolières et gazières avec des pièces apparemment d’origine installées comme les foreuses, les scaphandres, les sous-marins de poche. Créé en 1990 il a été conçu et bâti comme une plate-forme de forage donc une suite de constructions assez imposantes. C’est à voir surtout lorsqu’on est devant une énorme pièce métallique toute tordue et rouillée retirée du chavirage de la plate-forme en 1980 : très émouvant quand on connait l’histoire …
Demain, debout de bonne heure mais pas pour pédaler, pour … d’abord prendre un copieux petit-déjeuner, ensuite monter dans le taxi qui doit - je l’espère - être là à 6h30, pour l’avion d’Amsterdam puis de Toulouse. Le temps ? Il fait … beau : normal, je ne pédale pas !















